L’état Normal

Ecrire chez Simone, entre soi et moi

Ce 4 décembre, c’était la 2è journée d’ateliers d’écriture à l’hôpital Simone Veil d’Eaubonne.
A la séance du matin, en endocrino-diabétologie, 2 patientes et 2 patients en HDJ s’étaient inscrits – qui par curiosité, qui par goût pour l’écriture, qui par stratégie pour se soustraire à la routine de l’hôpital, ou encore à cause d’un malentendu sur l’objet de l’atelier. 4 personnes, qui ne se seraient probablement jamais parlé dans le couloir qui fait office de salle d’attente, se sont prétées au jeu de l’autoportrait inspiré du questionnaire de Proust, ont échangé autour de la Clock head de Niki de Saint Phalle, et ont écrit sur leur amour du foot ou de la musique, sur les couleurs et les gouts de leur enfance, sur le sens de la vie, et sur l’écriture qui soigne parfois. Michaux et ses Meidosems ont cloturé la séance. Un moment volé, un moment offert entre les consultations, les examens et les soins…

L’après-midi, l’atelier a lieu au pôle de psychiatrie dans la salle de spectacle. La concurrence du marché de Noel dans le hall de l’hôpital m’a d’abord fait craindre une désertion totale, mais trois personnes puis une quatrième sont finalement arrivées, dont 2 patientes fidèles et leurs soignant.e.s – accompagnant.e.s. On se retrouve, et c’est une joie.
A ces jeunes femmes, j’ai proposé la photo de cette femme portant la magnifique cape en patchwork brodée d’Alexandra Drenth, découverte l’an dernier grâce à Emily, une sage-femme qui suivait la même formation que moi à l’université de Cergy.
Il y a eu l’immense liberté de regard de ces jeunes femmes sur cette image, leur générosité, et leur confiance aussi, il a eu ce qu’on dit à nos vêtements et ce qu’ils disent de nous, il y a eu un titre évoqué incidemment dans un texte qui a fait surgir un souvenir puis entrainé une danse bouleversante. Et il y a eu ces mots offerts à la fin  : ‘mémorable et exceptionnel’, ‘solaire’, ‘bien-être’. 

Cet atelier m’a réchauffé l’âme.